Ce sont les mots qui me viennent spontanément ces derniers temps à l’écoute des informations, des propos tenus dans les débats, des évènements politiques et des prises de parole de certains présidents…
La décence c’est le fait d’être attentif à l’autre, à ne pas lui enlever sa dignité, le respecter, avec ses différences et ses oppositions. Ne pas sombrer dans une vision binaire des choses, une ultra simplification, le mensonge et l’arrogance.
La dignité, c’est « la déclaration des droits de l’homme » qui en a fait une valeur cardinale, un droit irréductible et inaliénable pour tous, quelque soit notre statut, notre nationalité, notre situation. Nous avons intégré, pris conscience de ce que cela signifie que de vivre dans des logements dignes, des conditions de travail dignes, des relations dignes et nous l’avons développé jusqu’à notre rapport au vivant (non humain). Traiter le vivant avec dignité.
C’est le contraire de la violence, de la haine.
C’est vulgaire la violence, c’est si facile, il en faut du courage pour rester maître de ses émotions ou avoir des indignités fécondes. Tout le monde n’est pas Stéphane Hessel, ce diplomate, ancien résistant, homme de gauche et européen convaincu, connu notamment pour son ouvrage paru en 2010 « Indignez-vous !»
Savoir s’indigner sans céder à ses émotions, en prenant le temps de la réflexion avant de passer à l’action ce n’est pas si facile. Face au chaos, à la masculinité toxique qui s’affiche avec fierté, au massacre d’innocents, aux abus de toutes sortes, aux lois violées, difficile de ne pas se laisser emporter, chacun ses stratégies : à la colère (« je manifeste samedi, rdv à République »…), au désarroi (« je fais un travail sur moi pour essayer de trouver du sens »), au repli sur soi (« j’ai arrêté les infos « !), l’indifférence (« qu’est-ce que tu fais pour les prochaines vacances ») !
Attention, je ne juge personne, je suis un peu tout cela à la fois !
Comment trouver la juste place où l’on peut construire un dialogue, trouver des voies d’entente, de l’espoir, retrouver de l’énergie et de l’envie (enVIE) et donc permettre le retour de la dignité ?
Un début de réponse pour moi, et peut-être que cela peut l’être pour vous si ces mots font écho, c’est de :
- Soigner son entourage : qui fréquentez vous le plus ? Est-ce que ces relations vous nourrissent, vous énergisent ? Comment vous sentez-vous après avoir quitté ces personnes, celles qui sont les plus proches de vous ?
- Agir : lorsque le désarroi me gagne, je passe à l’action, mais pas de l’agitation, je mets mon énergie au service de ce en quoi je crois et qui m’anime : mon activité d’entrepreneure, de coach, de facilitatrice et je cherche à diffuser et transmettre ma joie d’accompagner. Les émotions sont contagieuses 😉 Qu’est-ce qui vous paralyse ? Identifiez le, et poser une première action pour vous mettre en mouvement.
- Agir encore : Là où l’on se dit : ce n’est pas moi qui vais changer ça ou ça, je cherche dans cette situation qui m’indigne le plus petit espace où je peux intervenir, à mon échelle, parfois en bénévolat, parfois auprès de clients… Quelle est la cause, la mission qui vous inspire de l’admiration ? Comment pouvez-vous contribuer à votre échelle ?
- Savoir s’arrêter : sortir de la boucle de l’info en continu, des mails, chats, teams, zoom, insta, tik tok, des deadlines, kpi, reporting pour respirer et retrouver en soi ce qui nous fait du bien, nous procure des plaisirs durables et sains et non des shoots de dopamine (junkies que nous sommes !!) Qu’est-ce qui vous fait du bien ? ou perdez-vous la notion du temps (flow) ? Si vous ne savez pas, il est temps de s’arrêter pour s’écouter et tester les promenades dans la nature, ou les activités manuelles, le jardinage, la lecture, le sport, jouer avec votre chien/ chat…et s’autoriser ce temps de ressourcement vital.
Ces éléments agissent comme des baumes pour l’âme et permettent de résister à ces temps difficiles et cultiver un état d’esprit d’ouverture, d’écoute, de communication constructive et de l’empathie !
Je crois, sincèrement et peut-être naïvement, que c’est l’empathie et le remède à la haine, la solitude et que la déployer n’est pas si courant, c’est une pratique qui demande de l’entraînement pour trouver la bonne place, ni trop envahi, ni trop distant, ni mièvre…
D’ailleurs, si vous ne l’avez pas encore vu, précipitez-vous sur la série Empathie de Florence Lompré sur Canal +, c’est un pur concentré d’humanisme et d’humour avec pour thème de fond, la Santé Mentale. Une réussite.
Et je recommande la lecture de « la clinique de la dignité » de Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste pour aller plus loin sur ce sujet.
Cécile
