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Bonheur, sens et existence

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 Le bonheur est à la mode et fleurissent les officines, weekends, séminaires, qui nous promettent le bonheur en  quelques  mantras ou agitations mentales issues du mouvement « new-age »‘ et colorées de « spiritualité pop ».

Cette mode est la prétendue réponse a une souffrance généralisée des salariés, à la multiplication des « burn out », à  une perte  de sens généralisée. Certes, le bonheur a toujours été une question essentielle de nos vies et une quête bien légitime.

Mais qu’est ce que le bonheur : l’absence de souffrance, le bien -être, la satisfaction des besoins, un bon équilibre physique et mental, une famille unie, un bon travail .

Un peu tout cela sans doute mais bien plus encore.

Alors méfions nous des modes et des concepts  que tout le monde s’arrache dans un même élan de « prêt à penser « . Les modes se démodent et les soldes n’arrivent pas à écouler les stocks d’invendus.

Même si nous avons un peu le vertige dans le  tourbillon organisé  et les injonctions lancées par les médias et les marques : jeunesse, beauté, succès, célébrité, bonheur ! Haro sur les kilos en trop, les rides, l’anonymat et la déprime. Prenons le temps de prendre de la hauteur et un peu de distance.

Alors qu’on nous crie dans  une superbe injonction paradoxale : soyez heureux! …Nous ressentons au plus profond de nous le décalage entre nos vies, nos ressentis et les images sur papier glacé de la presse people, des magazines, des médias .

La plupart des penseurs et intellectuels s’entendent pour dire que le bonheur n’est pas si facile, il exige un travail sur soi en profondeur et une discipline.

Faire croire a quelqu’un qui souffre qu’il va trouver  le bonheur en récitant quelques mantras ou en lisant le livre » Le Secret  » ou en se livrant a quelques gesticulations et simagrées mêlées d’ésotérisme et d’exotisme  est mensonger et malhonnête    .

Ce que j’appelle bonheur est une cohérence entre ce que nous pensons, nous faisons et disons est c’est le résultat d’un  travail  exigeant. Cette cohérence ou congruence, va nous permettre d’agir en toute connaissance de cause et en conscience et donc nous procurer un sentiment de joie  parfois et souvent ce sentiment dont parle Mihaly Csikszentmihalyi,  le « flow », cette sensation d’être totalement immergée dans un état de complète concentration, réussite et engagement.

Ce processus d’entrer en cohérence et congruence est  le résultat  ce que  Jung appelle le processus d’individuation.

Selon Jung, le processus d’individuation décrit l’unification de la personne, comme si les parcelles jusque-là éparses de lui-même se retrouvaient assemblée en une seule forme ; l’individu est « un ».

« La voie de l’individuation signifie : tendre à devenir un être réellement individuel et, dans la mesure où nous entendons par individualité la forme de notre unicité la plus intime, notre unicité dernière et irrévocable, il s’agit de la réalisation de son Soi, dans ce qu’il a de plus personnel et de plus rebelle à toute comparaison. On pourrait donc traduire le mot « d’individuation » par « réalisation de soi-même », « réalisation de son Soi »… « .

Le travail  à accomplir est un travail de libération et de déconditionnement.

L’homme arrive  sur terre, héritier du passé et mémoires de ses géniteurs. Il est modelé ensuite  par son éducation, son milieu socio-économique, la religion du milieu  dans lequel il grandit, ses éducateurs, ses rencontres et ses différentes expériences. Martin Heidegger parle de « l’homme jeté ». Nous sommes jetés dans l’existence. Nous n’avons pas choisi de naître et nous n’avons pas choisi les acteurs ni la scène ou allait se jouer la pièce.

Les cartes ont été distribuées.

Mais le désir taraude de découvrir sa propre identité, ce soi intime dont nous avons conscience qu’il existe, qu’il est unique et précieux.

Ainsi, il va falloir partir a la découverte et commencer ce voyage héroïque vers notre identité . Il y aura des découvertes, des pas en avant et des pas en arrière, des prises de conscience douloureuses, mais bienfaitrices, des deuils a faire, et enfin surtout l’acceptation des cartes avec lesquelles il nous a été donné de jouer et la joie enivrante et angoissante de la liberté et de la responsabilité.

Je ne vous promets pas le bonheur.

Je vous promets de vous accompagner sur le chemin exigeant mais oh combien passionnant de votre réalisation, de votre prise de liberté, de responsabilité dans la création de votre devenir .

Je vous promets bien des poussées d’adrénaline et de sérotonine sur ce chemin, ce sentiment de naître a nouveau , d’accoucher de soi-même.

Même si nous n’avons pas choisi le début de notre histoire, nous avons la liberté de l’accepter comme telle , et de décider en conscience de créer notre vie : une vie pleine et créative. Une vie dont nous sentirons qu’elle n’est ni mensonge , ni factice ni artifice. Une création vivante, évolutive, en devenir et cela exige discipline et souffrance mentale parfois.

C’est une raison de vivre et une affaire jamais classée…….

Martine Fustino

Ref: La peur de l’insignifiance nous rend fous – Carlo Strenger