
Le modèle de management au début du siècle dernier pour les entreprises a été l’armée avec son organisation pyramidale, l’autorité du chef descendant jusqu’au bas de l’échelle.
Les entreprises et les méthodes de management se sont peu à peu éloignés de ce modèle autoritaire grâce aux avancées de la psychologie sur les théories de la motivation et les besoins personnels des individus. De Taylor – une organisation scientifique du travail- à l’école des relations humaines – Mayo, Maslow, Herzberg -on est passé par le Toyotisme, la théorie de Blake and Mouton et la théorie Z , tendance actuelle.
A partir des années 80, apparaît une nouvelle conception de l’homme au travail marqué par de nouvelles motivations comme la mobilisation, l’implication et l’adhésion. On parle alors du Manager Coach, de la culture et des valeurs de l’entreprise.
Les années 2000 ont complexifié l’environnement ; l’accélération et la mondialisation suivies d’une crise sans précédent ont rendu toutes les théories caduques et les dirigeants se retrouvent au gouvernail d’un bateau dans la tempête.
Les prises de décisions ,- puisque c’est cela manager prendre des décisions, donner des arbitrages , choisir , élaborer des stratégies -deviennent très difficiles puisque tout est fluctuant, la cartographie change tous les jours .La complexité des tenants et des aboutissants ne permettent pas d’avoir une visibilité à long terme. Les systèmes sont imbriqués les uns dans les autres, politiques, économiques, financiers, sociaux, psychologiques..et
Les dirigeants sentent confusément que les schémas d’avant la crise ne collent plus à l’actualité. Certains s’accrochent désespérément à leur modèle .
D’autres cherchent à innover et trouver des solutions adéquates.
La flexibilité et la créativité sont les deux qualités essentielles pour tenir le gouvernail quand la mer est haute! il faut savoir changer de cap rapidement, baisser ou lever une voile alors que ca n’était pas prévu, tenir compte du vent, de la houle..l’équipage doit être prêt à toutes les manœuvres.
La créativité , voilà le maître mot .
Les entreprises sentent confusément qu’il faut envisager un autre modèle et sont friandes de formation en créativité.
Or, cette qualité n’a pas fait bon ménage avec l’entreprise, hormis dans certains métiers bien précis.
L’école, les Ecoles, l’Université puis les entreprises se sont employés à former des personnes selon des normes précises et très cartésiennes. La raison , les mathématiques tiennent le haut du pavé; les bonnes classes et les meilleurs maitres sont réservés aux classes de matheux, les littéraires et les artistes faisant figure de futurs saltimbanques!
L’école et l’entreprise c’est la norme , les processus et la méthode, la créativité c’est la rupture, l’inattendu, la flexibilité, l’improvisation, la surprise . L’artiste crée sur une ligne de crête avec un coté un ravin et de l’autre un ..ravin . la créativité c’est souvent l’inconnu : on essaie , on verra bien!
Les neurosciences nous ont montré que notre cerveau droit , siège de la créativité, de l’enfant rebelle et inventif , était peu sollicité dans le système scolaire et dans le monde du travail en général.
Il est grand temps aujourd’hui de réhabiliter notre cerveau droit , notre inventivité et l’enfant créatif qui est en chacun de nous.
Le cerveau droit est aussi le siège de notre intuition qui peut aussi se développer en se concentrant sur nos ressentis et l’approche kinesthésique des situations. Lorsque notre intuition se développe on peut alors voir survenir les synchronicités : rencontrer la bonne personne, se trouver dans la bonne situation ou avoir l’opportunité dont on avait besoin.
En reconnaissant les qualités inhérentes a ce cerveau et en autorisant ses collaborateurs a développer cette partie là ,les managers seront surpris de voir fuser les idées , les solutions, les inventions.
C’est de la richesse des échanges entre le cerveau gauche et le cerveau droit qui permet de donner naissance à des thèses , des inventions, des innovations. C’est intégrer au quotidien la richesse des émotions , de l’intuition et pas seulement de la raison.
Les scientifiques ont montré qu’il fallait muscler le corps calleux qui relie les deux hémisphères par des exercices comme la pratique du piano, la danse , la gymnastique afin que les échanges entre les deux cerveaux soient fluides .
Je les invite à s’exprimer de façon originale, soit par le dessin , ou la création d’une chanson et de sa musique , selon les talents présents et les idées et l’inventivité sont immanquablement au rendez-vous.Le modèle Appréciatif ou positif part du principe que si on porte l’attention sur « quel est le problème » ? » qu’est ce qui ne marche pas » on va produire plus de négatif et s’installer dans un état d’esprit critique et peu constructif.Au contraire le modèle Appréciatif accompagne le changement dans les entreprises en portant l’attention uniquement sur ce qui va bien, les réussites, les succès, l’histoire et les valeurs de cette entreprise. C’est en plaçant leur réflexion et leur regard sur cette angle là que les collaborateurs vont pouvoir imaginer et dessiner un futur enthousiasmant pour leur entreprise. Martine Fustino
» L’erreur de Descartes » – Damasio
» L’investigation appréciative » d’après les travaux de David Cooperidder
» My stroke from the inside » Jill Bolte Taylor