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La nouvelle étoffe d’un chef

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« Un chef ça doit cheffer ! » aurait dit Jacques Chirac, s’agaçant de la lenteur de certaines décisions. Epoque révolue où il suffisait d’additionner statut hiérarchique et ferme autorité pour diriger une entreprise de manière quasi militaire. S’il y a bien une certitude c’est que les bons managers de la prochaine décennie n’auront plus grand-chose de commun avec leurs prédécesseurs du début des années  2000. Car les « Soft Skills », ces capacités comportementales, seront déterminantes dans la conduite et la réussite des groupes humains constituant une entreprise.

Fin du superhéros et du « management d’en haut »

Le rythme des défis (crises sanitaires, perturbations économiques, contexte géopolitique, ruptures technologiques, exigences environnementales…) ne risque pas de se ralentir. Les leaders doivent gérer des situations nouvelles et complexes, bien plus fréquemment qu’auparavant. Les décisions à prendre diffèrent en bonne part des actions précédentes. Désormais, comme le précise Hubert Joly, coach de patrons américains, distingué plusieurs fois auparavant comme l’un des chefs d’entreprise les plus remarquables d’Outre-Atlantique : « Le leader efficace n’est pas un Monsieur Je-sais-tout, mais davantage quelqu’un d’authentique, ne cachant rien de ses vulnérabilités, et capable de créer l’environnement dans lequel les autres peuvent réussir ».

Humilité et empathie

Jacob Morgan, auteur à succès de « The futur leader », confirme l’opinion de H. Joly, soutenant le besoin d’un nouveau type de leader à la tête d’organisations fondamentalement différentes en l’espace d’une décennie. Longtemps les dirigeants ont évité de se montrer émotifs – dit-il. A présent, pour conduire des changements multiples, le décideur doit d’abord être un grand communicateur. C’est à dire être émotionnellement intelligent, savoir écouter, être capable de comprendre les sentiments et les perspectives des autres en exposant une situation. Ce qui suppose de bannir toute posture haute et tout argument de pure autorité. Il n’y a pas de mystère : pour se défoncer pour sa boite, le courant doit passer dans les deux sens avec les chefs. C’est ce que les nouvelles générations exigent dans leur rapport au travail et à l’autorité.

Leadership et communication indissociables

Mes interventions en coaching d’équipe, en intelligence émotionnelle et en leadership, en multinationale comme en ETI, appuient, entre autres, sur le passage de manager à leader. Le premier supervise une équipe : répartition de la charge de travail, suivi et vérification des livrables, validation des congés, représentation dans les réunions, reporting auprès du comité de direction… Le second n’est pas forcément très au-dessus du manager. Il ne maîtrise pas nécessairement tous les aspects de son métier mais plutôt les grands enjeux qui y sont liés. Il s’efforce d’avoir une vision stratégique incluant une ouverture au monde et aux nouvelles technologies. Mais surtout, il sait impulser un engagement réel du corps social dont il a la charge. Parce que sa communication verbale et non verbale est ressentie comme authentique et empathique. C’est la marque intemporelle de tout bon leadership, à tout niveau.

Ref : – Hubert Joly, professeur à Harvard : « l’entreprise, une affaire de cœur » – Plon – 2022

  • Jacob Morgan : The Future Leader: 9 Skills and Mindsets to Succeed in the Next Decade Amazon